Mon amie Cathy m'a conseillé de travailler à la plume.
Qu'en pensez-vous ?


Cathy, tu noteras le clin d'oeil dans le titre ;)



La citation d’hier vient de l’ouvrage Première ligne, de Jean-Marie Laclavetine, écrivain et membre du comité de lecture chez Gallimard.
C’est un ouvrage jubilatoire, très drôle, souvent émouvant : un amoureux des mots, devenu éditeur, refuse un jour un manuscrit qu’il juge mauvais. Reçu dans son bureau, l’écrivain malheureux, qui a mis tant de lui dans son ouvrage, se suicide…
Ne vous inquiétez pas : j’ai dit que c’était « jubilatoire » : donc, voici notre pauvre éditeur, qui cherche à guérir les écrivaillons sans talent, les « auteurs anonymes » dit-il, de leur maladie destructrice, de leur passion délétère.
Bien sûr, beaucoup de propos sont justes, et touchent tous ceux qui écrivent, si nombreux. Mais, je ne peux m’empêcher de me demander… un seul homme peut-il réellement juger le travail d’un autre ? La sincérité ne suffit-elle pas pour toucher les autres ? Quelle est la place réelle de l’éditeur ? Est-ce que l’auteur n’en attend pas trop finalement ?
Et surtout, surtout, pourquoi tout le monde ne pourrait-il pas écrire ? Les bons, les mauvais, tous ceux enfin qui ne peuvent se passer des mots, non comme une maladie mais comme une respiration…
Evidemment, Jean-Marie Laclavetine le sait, je n’en doute pas, lui qui écrit avec tant de justesse, quand il évoque une « repentie » : « N’était-ce pas l’écriture qui la rendait belle ? ».
C’est vrai, cette petite phrase est prononcée comme un murmure, rapide, furtive, mais elle est là, clef de voûte de cette vie que, sans doute aucun, beaucoup n’ont pas vraiment choisie : lire pour mieux vivre, écrire pour survivre…
« On a quinze ans, on rêve devant la fenêtre ouverte, un mot entre et se pose sur la table.
On le regarde, émerveillé.
On ne sait pas.
Le deuxième ne tarde pas.
Les mots se mettent à voltiger comme des hirondelles, ils tourbillonnent et viennent s’aligner sur le fil de la page.
On rit, on est perdu. »
Jean-Marie Laclavetine, Première ligne.